La formule « Saha ftourkoum » circule largement pendant le Ramadan, traversant les frontières de la pratique religieuse. Malgré son usage généralisé, la réponse attendue ne va pas toujours de soi hors du cercle musulman. Certains choisissent de répondre par politesse, d’autres préfèrent l’esquiver, parfois au risque d’un malaise implicite dans l’échange. Les codes sociaux se brouillent, entre respect des traditions et désir de ne pas usurper un rituel.
Comprendre le sens et la portée de « saha ftourkoum » au-delà de la tradition religieuse
Dire « saha ftourkoum », ce n’est pas seulement saluer la rupture du jeûne pendant le Ramadan. Cette expression, transmise au coucher du soleil, porte bien plus loin que le simple rituel : elle incarne l’idée de partage et de solidarité au cœur du Maghreb. En arabe, « saha » veut dire santé, et « ftourkoum » fait référence au repas de rupture du jeûne, aussi appelé iftar ou « ftor » au Maroc. Lorsqu’on dit « saha ftourek » ou « saha ftorek », on souhaite simplement, et sincèrement, santé et prospérité à ceux qui s’apprêtent à rompre le jeûne.
Dans la rue, au bureau, dans les familles de France ou des pays arabes, cette formule a débordé les frontières religieuses. Elle fonctionne comme un véritable code de convivialité, un signe de bienveillance qui exprime respect et gratitude à l’autre. Enracinée dans la culture du vivre-ensemble, la tradition maghrébine rappelle que la convivialité n’a pas de frontière et que le sacré et le profane se croisent à la même table.
Ce qui frappe, c’est la simplicité de la formule. Il n’y a pas besoin de longues invocations ou de paroles solennelles : quelques mots, un sourire, et le moment partagé autour du repas prend sa pleine mesure, juste au moment où le soleil s’efface. « Saha ftourkoum » n’est ni excluant ni prosélyte, il invite à la gratitude et à l’ouverture.
Pour mieux cerner sa portée, voici ce qui caractérise cette expression :
- Expression culturelle d’abord, religieuse ensuite, elle appartient à l’histoire plurielle du Ramadan.
- Le « saha ftourkoum » se traduit par un souhait de bénédiction et de prospérité adressé à tous, croyants ou non.
Répondre avec respect et bienveillance quand on n’est pas musulman : exemples et conseils adaptés
Chaque année, au moment du Ramadan, la même situation revient : comment recevoir un « saha ftourkoum » lorsqu’on ne suit pas la pratique musulmane ? Ce n’est pas une question de formule, mais d’attention portée à l’autre. Mieux vaut rester soi-même, sincère et respectueux, sans surjouer ni gommer sa propre identité.
Si les formules à connotation religieuse ne vous ressemblent pas, rien ne vous oblige à les reprendre. Ici, l’important réside dans la bienveillance et le respect du moment vécu par votre interlocuteur. Un simple « merci » et un sourire suffisent bien souvent. Vous pouvez aussi opter pour une formule universelle : « bonne soirée », « bon appétit » ou encore « profitez bien du repas de rupture ».
En milieu professionnel ou entre amis, la neutralité chaleureuse est souvent la meilleure voie. L’idée est d’accueillir le geste, de manifester un intérêt sincère pour la tradition sans tomber dans l’imitation forcée. Plusieurs alternatives sobres permettent de personnaliser votre réponse :
- « Merci, bonne soirée à vous aussi. »
- « Merci, bon ftour ! »
- « Belle soirée de Ramadan. »
La formule « saha ftourkoum » n’appelle pas de retour religieux ou figé. Ce qui compte, c’est la capacité à créer du lien et à accepter la différence. Héritée de la tradition maghrébine, cette politesse valorise l’art de vivre ensemble, sans gommer ce qui fait la singularité de chacun. Accepter l’échange, c’est déjà dire beaucoup : une poignée de mots pour rappeler que la convivialité, elle, se passe de mode.


